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La parabole des porcs-épics (Schopenhauer)

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La parabole des porcs-épics (Schopenhauer)

Message par Merl1 le Mar 30 Déc - 16:03

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« Par une froide journée d’hiver un troupeau de porcs-épics s’était mis en groupe serré pour se garantir mutuellement contre la gelée par leur propre chaleur. Mais tout aussitôt ils ressentirent les atteintes de leurs piquants, ce qui les fit s’écarter les uns des autres. Quand le besoin de se réchauffer les eut rapprochés de nouveau, le même inconvénient se renouvela, de sorte qu’ils étaient ballottés de çà et de là entre les deux maux jusqu’à ce qu’ils eussent fini par trouver une distance moyenne qui leur rendît la situation supportable. Ainsi, le besoin de société, né du vide et de la monotonie de leur vie intérieure, pousse les hommes les uns vers les autres ; mais leurs nombreuses manières d’être antipathiques et leurs insupportables défauts les dispersent de nouveau. La distance moyenne qu’ils finissent par découvrir et à laquelle la vie en commun devient possible, c’est la politesse et les belles manières. En Angleterre on crie à celui qui ne se tient pas à cette distance : Keep your distance ! Par ce moyen le besoin de se réchauffer n’est, à la vérité, satisfait qu’à moitié, mais, en revanche, on ne ressent pas la blessure des piquants. Cependant celui qui possède assez de chaleur intérieure propre préfère rester en dehors de la société pour ne pas éprouver de désagréments, ni en causer. » (Parerga & Paralipomena, Aphorisme sur la sagesse dans le vie)
« La conséquence de tout cela est que la sociabilité de chacun est inversement proportionnelle à sa valeur intellectuelle, et dire de quelqu’un :Il est sauvage signifie déjà presque : C’est un homme de qualité... » (Parerga & Paralipomena, Aphorisme sur la sagesse dans le vie)

« La politesse est déni conventionnel et systématique de l’égoïsme dans les petites chose qui font le commerce quotidien, et elle passe à juste titre pour une forme d’hypocrisie ; ce qui n’empêche pas qu’on la recommande et qu’on la loue. Car ce qu’elle cache, l’égoïsme, est si vilain que, sans l’ignorer, on préfère ne pas le voir, comme on veille à mettre au moins un rideau devant des objets répugnants. » (Les deux problèmes fondamentaux de l’éthique)
« Comme la cire est naturellement dure et sèche, mais qu’il suffit d’un peu de chaleur pour qu’elle s’amollisse et prenne toutes les formes que l’on voudra, il ne faut qu’un peu de politesse et de bonne manière pour que des gens même revêches et hostiles s’adoucissent et se fassent aimables. La politesse est donc aux hommes ce que la chaleur est à la cire ». (Parerga & Paralipomena, Aphorisme sur la sagesse dans le vie)

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PS : Merci B14
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